
En septembre 2010, 191 pays membres des Nations Unies ont adopté les “8 objectifs du millénaire pour le développement” en se promettant de réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ci 2015. 8 réalisateurs ont décidé de sensibiliser l’opinion publique en réalisant des courts métrages sur les différentes causes à défendre. Chaque année, les réalisateurs passent le relai à d’autres. En 2011, les bloggeurs ont la possibilité de voter parmi les courts métrages proposés.
Danone Communities participe à cet évènement. Ils ont organisé hier soir avec Ulike une projection privée afin de présenter tous les courts métrages.
Si vous n’avez pas assisté à la soirée, vous pouvez voter en retrouvant l’ensemble des oeuvres sur : http://www.youtube.com/user/letempspresse#g/c/797CB6B5AE403CB4 et ainsi participer en défendant la cause qui vous tient le plus à coeur.
Lors de cette soirée chez Danone, on nous a donc présentés les 16 courts métrages. Chaque réalisateur avait entre 3 mns et 15 mns pour défendre une cause. La soirée était très intéressante, amicale, et accueillante. Merci aux organisateurs !
Voici les courts métrages en lice :
Ainsi soit-il de Isabelle Agid ; C’est pas grave de Yacine Sersar; Amal de Ali Benkirane; The Ball de Fabien Corée; L’Exotherme de Alexandru Sechilariu ; Douche froide de Nicolas Leborgne et Denis Rollier; La deuxième femme de Marc Barrat; Avis de tempête de Nicolas Alberny; Moi, ma soeur et la chose de Kaouther Ben H’Nia; Barye de Fred Eldar Gasimov; Titanic de Jean-Baptiste Nicolas et Franck Tapiro; I téliya de Fatou Diarra ; Passage de Noémie Shraer-Monnier ; Inside Out de S Rossi et Paida
Il est vraiment très intéressant de voir tous ces films dans la même soirée, de voir à quel point une même cause peut être défendue différemment suivant les réalisateurs. Je vous conseille de réserver un peu plus de 2 heures de votre temps pour visionner ces courts métrages. 2 heures, ce n’est rien et c’est surtout pour la bonne cause !
De grandes différences sont constatées parmi les courts métrages présentés cette année notamment en matière de durée. Le ton donné aussi est très différent, certains sont humoristiques, d’autres dramatiques avec des courts métrages “choc”, je pense plus particulièrement au film de Naomie Schraer-Monnier qui nous happe, et puis d’autres très réalistes… tellement réalistes !
Il est très difficile de voter. Notre vote est influencé autant par notre sensibilité que par la cause qui nous tient le plus à coeur. Sensibilité face aux images, au discours, au ton donné au film. Enfin, c’est mon opinion. On “juge” avec notre coeur. Personnellement, je n’ai pas jugé en premier la qualité, la réalisation, la photo, même si cela influence forcément mais ce n’est pas, à mon avis, le but de ce palmarès. J’ai voté en fonction de l’impact que le film a eu sur moi, et indirectement aussi sur la cause défendue.
En numéro 1, j’ai voté pour Amal de Ali Benkirane
Le film traite des problèmes de famille, conflits de génération, tradition et aussi et surtout de l’école pour les filles.
Ali Benkirane a choisi de filmer dans son pays, le Maroc. On suit la vie de Amal, petite fille, qui, tous les jours, fait plusieurs kilomètres pour aller à l’école avec son frère. Amal aime l’école et rêve de devenir médecin, d’ailleurs elle ausculte tout le monde en permanence ! Son instituteur la met en garde sur la difficulté pour les jeunes filles de se former à l’école. Mais Amal a un but ! Un jour en rentrant de l’école sa mère lui annonce que pour elle l’école c’est fini, elle doit rester à la maison s’occuper de la famille suite au départ de sa soeur ainée. Son frère continuera à aller à l’école.
La petite Amal, jouée par Soumaya Chifa, est une fillette comme beaucoup d’autres qui n’auront pas la chance de faire des études. Le message de ce film est clair, percutant. Les images de la campagne marocaine sont magnifiques et Soumaya est extraordinaire de vérité. Le réalisateur ne nous fait pas la morale, il nous décrit les conditions de vie, les conflits de génération, les différences entre les hommes et les femmes, sans parler des différences de culture. “Amal” est un film appelé court métrage puisque la durée n’est que de 17 minutes mais nous sommes face à un film ! La fin du film est émouvante mais on sent tout de même que les choses peuvent évoluer, la réaction du frère donne de l’espoir aux générations à venir.
Beaucoup d’organisations se battent aujourd’hui pour que les petites filles aient droit à la formation. Une nette évolution a été constatée même si il reste beaucoup de chemin à parcourir . Dans les pays d’Afrique, les petites filles sont encore beaucoup défavorisées face aux garcons en ce qui concerne le droit à l’éducation.
Ce court métrage ne peut que aider à prendre conscience de la réalité face à cette différence.

Soumaya Chifa (Amal)
En numéro 2, La deuxième femme de Marc Barrat
Le court métrage de Marc Barrat La deuxième femme traite principalement du Sida. Il traite également des traditions, et des conditions de la femme.
Juliette est une jeune femme de 25 ans vivant en Guyanne dans un petit village avec son mari et ses 2 enfants. Son mari travaille et s’absente beaucoup. Tout se passe bien jusqu’au jour ou il lui annonce qu’il va prendre une deuxième épouse. La jeune femme, consciente des dangers du sida est contrariée et demande un test à la seconde femme. Ne pouvant lutter contre ce fait, et n’ayant pas eu le résultat, elle décide de quitter la maison avec ses enfants.
Juliette est une jeune femme prise entre les traditions et la réalité. Elle est consciente du fléau mais ne peut lutter face à la tradition et n’a pas le droit à la parole. C’est très frappant de constater cette différence, de voir à quel point être femme est difficile. Qu’en 2011, un département d’outre mer est à ce point traditionaliste et si peu soucieux des conditions féminines. On imagine cela dans des pays en sous développement mais pas en France. Juliette est une jeune femme intelligente qui a conscience de la gravité du SIDA, de l’impact et des conséquences que cela pourrait causer à sa famille. Le mari lui est totalement inconscient. L’information circule dans notre pays et ses départements avec notamment la distribution des préservatifs mais beaucoup de pays n’ont pas cet opportunité et l’argent pour lutter.
De nombreuses associations sont en lutte contre ce fléau. AIDS, une des plus connues, lutte depuis 1984. La maladie touche beaucoup de femmes et d’enfants. les pays pauvres et le continent africain sont les plus touchés. L’estimation actuelle (2010) fait état de 33 millions de personnes vivant avec le VIH/sida dans le monde, 152 000 personnes en France ! Il est nécessaire d’en parler à nos enfants, de prendre garde à se protéger. La maladie est présente. L’information, l’action et le dépistage sont nécessaires.
Marc Barrat, réalisateur français et scénariste
En numéro 3, Ainsi soit-il de Isabelle Agid
Le problème de la pauvreté et des sans abris est abordé dans ce court métrage. La première image est une phrase de Ghandi “sans doute serais-je chrétien si les chrétiens l’étaient 24 heures par jour” Ensuite une église, puis une famille “catho” bien sous tout rapport qui se rend à l’église en voiture. La mère parle d’éducation et de savoir vivre. Le père qui défend tant bien que mal son point de vue. Et une petite fille, Mathilde, à l’arrière qui observe la route. Tout ce petit monde se vouvoie. Les images déroulent sous les yeux de la fillette : une mère et sa fille sur le trottoir qui tendent la main. Dans la voiture, la mère demande à sa fille d’arranger sa tenue en arrivant devant l’église. Mathilde apercoit un homme bien habillé, sacoche qui récupère un morceau de pain dans une poubelle. La jeune fille le rattrape pour lui donner un billet d’une belle façon.
Charité chrétienne…élevée dans ce milieu, je n’ai pu que réagir face à ce comportement. Je suis de celle qui pense aussi que certains chrétiens prennent ce qu’ils veulent dans la religion… Ce “paraître” est affligeant, cette façon de voir que ce qui peut être vu…
Isabelle Agid filme la pauvreté dans les yeux d’une fillette. Et le résultat est saisissant sans être tapageur ou en essayant de nous tirer des larmes, ou de la pitié. La réalité est là, tout près de nous, nous avec notre éducation, nos convictions, notre confort si agréable et si précieux.
Le regard de la petite fille est un espoir, un espoir que les choses vont bouger, que tout ce monde de sans abris et de pauvreté va finir par être dans la lumière. Que aider les autres peut se faire en respectant la dignité. Cette proximité fait peur, fermer les yeux est plus facile que d’admettre et bouger. 4,2 millions de personnes ont atteint le seuil de pauvreté en france en 2010. 50 % ont moins de 30 ans.
le ”Prix des Blogueurs” sera remis le 26 janvier
N’hésitez pas à voter, ces courts métrages permettent d’évoquer des sujets graves. Votre vote est attendu jusqu’au 23 janvier 2010
Tous les détails de cet évènement sur la page facebook “Jury du Millénaire”
Votre inscription :http://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dF9fR1JjYVA1a0hUeVNMNDNjYW1IN3c6MQ
Le lien officiel Danone Communities http://www.danonecommunities.com/en/jury-du-millenaire
le site ULIKE, site culturel, participe aussi à cet évènement : ulike.net


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